Sacrilège

Galerie le 116art

Art textile contemporain : sculptures textiles de Frédérique Fleury autour de la tapisserie historique

Avec Sacrilège, Frédérique Fleury signe une exposition-manifeste qui détourne les codes de la tapisserie pour en faire un matériau critique et sculptural. Le textile devient ici le point de départ d’un dialogue irrévérencieux avec l’Histoire, celle des motifs décoratifs, des images précieuses et des héritages figés. En choisissant des tissus imprimés ou jacquards évoquant les grandes heures de la tapisserie européenne, l’artiste ne sacrifie rien : elle transgresse.

Chaque œuvre transforme le tissu en objet de tension. Les formes tubulaires, souples, rembourrées, sont hybridées avec des éléments en grès émaillé : cabochons, pointes, griffes ou maillons. L’ensemble compose une série de reliefs complexes et d’objets à poser, dans lesquels s’entrelacent mémoire populaire, puissance décorative et ironie douce. À la monumentalité du “Grand Sacrilège” répondent des pièces plus intimes, comme des bijoux dissidents portés par le mur.

L’exposition « Sacrilège » affirme ainsi un art textile contemporain engagé où la tradition décorative est déconstruite, retournée, libérée. En réinventant les motifs, en surjouant la forme, Frédérique Fleury invente un vocabulaire plastique singulier, entre tendresse et insubordination. Le textile devient corps, critique, fiction.

Identité :

  • Titre : Sacrilège
  • Date : du 1er octobre au samedi 13 novembre 2021
  • Lieu : Galerie le 116art
  • Adresse : 116 route de frans, 69400 Villefranche-Sur-Saône
  • Site : : voir le site

Les oeuvres exposées

Préface de l’exposition

Nous sommes en 2021 et Frédérique Fleury, qui ne cesse de réfléchir à l’avancée de son art, s’intéresse à un nouveau tissu aux accents historiques parfois désuets, et aux techniques aujourd’hui souvent peu interprétées.

Il s’agit de la tapisserie : pas celle, sublime, tissée au début de notre ère appelée communément tissu copte, ni celle des grandes époques flamandes et parisiennes (du 14ème s. au début du 17ème s.), encore moins celle des manufactures des Gobelins et de Beauvais, mais juste celle réalisée simplement avec un procédé d’impression ou de tissage jacquard et qui représente des images d’illustres tapisseries.

Nul besoin d’aller au sacrifice d’œuvres d’art ! Ces fac-similés superficiels, maladroits et souvent décolorés, se transforment en un nouveau médium qui suffit pleinement à l’artiste. Les couleurs – du jaune vers le vert et le bleu sans oublier le rouge qui résiste au temps – envahissent désormais toutes les œuvres et un mimétisme s’installe entre le grès, aux allures d’imposants cabochons, ferrets et bagues, et le choix des tapisseries reproduisant par exemple les fameuses « Mille Fleurs » (15ème s. ) ou « Les Chasses de Maximilien » (16ème s. de Bernard Van Orley).

Ainsi, Frédérique Fleury provoque avec l’Histoire une dynamique architecturale dans toute sa nouvelle série de reliefs.

Qu’il s’agisse des pièces murales « Petites chutes » et « Paysages bouclés », ou à poser « Talon-pointe » et « Cheveux au vent », sans oublier l’incontournable haut-relief « Grand sacrilège », toutes scandent un manifeste ; celui d’une analyse qui nous emporte sur les rives idéales d’inspirations historiques et nécessairement émancipatrices.

Yves Sabourin
Commissaire et directeur artistique

Expositions

Opus 50

Opus 50

La Filature
du 12 juin au 12 août 2023

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